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Elephant

Note : 5/5.0 - 3 avis

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Titre VO : Elephant

Un film de Gus Van Sant avec Alex Frost , John Robinson , Elias McConnell , Eric Deulen , Jordan Taylor

Genre : drame - Durée : 1h21 - Année de production : 2003

Date de sortie cinéma : 22 Octobre 2003

Distributeur :

Gus Van Sant
Gus Van Sant
Alex Frost
John Robinson
Elias McConnell
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Elephant, le film

  • Elephant

    Synopsis

    Une journée ordinaire dans un lycée américain : cours, football, potins, etc... Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres.

Le Casting du film

  • LISTE ARTISTIQUE
    Alex FrostAlex
    John RobinsonJohn McFarland
    Elias McConnellElias
    Eric DeulenEric
    Jordan TaylorJordan
    Bennie DixonBenny
    Nathan TysonNathan
    Timothy BottomsMr. McFarland
    Matt MalloyMr. Luce
  • LISTE TECHNIQUE
    Gus Van Sant
    Carrie FinkleaCarrie
    Nicole GeorgeNicole
    Brittany MountainBrittany
    Alicia MilesAcadia
    Kristen HicksMichelle
    Diane Keaton
    Bill Robinson (II)
    Gus Van Sant
    Harris Savides
    Gus Van Sant
    Leslie Shatz
    Benjamin Hayden
    Marychris Mass
  • Danny Stoltz

Avis et critiques des internautes


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  •  le 07 Septembre 2008 par

    Elephant. A l’instar de son nom qui impose l’image de quelque chose d’immense, Gus Van Sant nous propose ici un film, un grand film. Tout en détails, en simplicité, et en poésie pour pourtant évoquer un sujet tragique : Une tuerie dans le lycée de Columbine. Cette tuerie aurait pu être pathétisée, être montrée avec violence pour choquer, mais Gus Van Sant s’est attaché à donner à son film une dimension de subtile de tragédie moderne. C’est tout une dimension psychologique qu’on découvre au-delà de l’action en elle-même. Sur toute la durée du film, la tuerie ne représente qu’une infime partie. A croire que l’important n’est pas le geste mais la compréhension du geste dû à l’impuissance, et aux circonstances familiales. Le film de Gus Van Sant est avant tout un film de sensibilité. Nous pouvons pourtant nous demander s’il ne faut pas tout de même comprendre le titre qui illustrerait un « film animalier » ou bien s’il s’agit au contraire un film qui est là pour décrire une réalité sans pour autant chercher à alerter. Est-ce un retour à l’animalité par les gestes de violences gratuites (ce retour animal est sans doute suggéré dans la dernière scène qui se déroule dans la chambre froide remplie de viande, comme si tous ces êtres humains n’étaient finalement que des proies) ? Gus Van Sant met la technique au service du sens. Le choix d’utiliser un format différent de celui grand cinéma (4/3) marque sans doute l’envie de rester simple et de ne pas rendre la tuerie trop pathétique ni hyperbolique. L’utilisation de ce format donne un ton naturel et réel au film, ceci permettant au spectateur d’être plus proche des personnages et de mieux rentrer dans l’action. Dans le même sens, nous pouvons remarquer l’absence d’une trop grande quantité d’effets spéciaux .Ceci ne donne donc pas d’effet hyperbolique au geste, mais le montre dans une simple réalité tragique. Alex et Eric, commettent le mal gratuitement en effectuant ces meurtres, pour éprouver leur puissance. Il s’agit ici d’un évènement qui relève plus d’une action humaine (avec toute la dimension psychologique qui l’accompagne) que d’un crime réalisé par le « méchant » des films Américains dans la mesure où ces deux personnages ne sont pas les « héros » du film. En effet nous ne pouvons passer à coté de sa façon de filmer tout ses personnages, et du cadrage particulier qu’il leur accorde. Gus Van Sant donne un ton très nouvelle vague par l’utilisation de travelling, de hors champs, de steady cam… Il utilise aussi un grand nombre de plans séquences, passant ainsi d’un personnage à l’autre sans coupure du plan. Il est à noter que tous ses personnages bien que différents sont filmés de la même manière, souvent suivi par un travelling cadré très serré sur leur visage raccourcissant ainsi notre champ de vision. Cependant même à travers ces gros plans, il manie parfaitement la profondeur de champs. Bien que le plan sur John soit serré, on aperçoit en arrière plan des jeunes adolescents discutant qui attirent presque plus notre attention que le personnage filmé en réalité en premier plan. Gus Van Sant filme aussi ses personnages de dos. Pourquoi filmer si souvent les personnages de dos ? Est-ce en référence aux jeux-vidéos qui nous laisse seulement cette vision à travers l’objectif de l’arme? Est-ce donc un moyen de laisser planer cet air de crime tout au long du film ? Nous suivons des personnes différentes grâce au travelling, et à contrario, la caméra est parfois fixe. Ainsi ce n’est plus une seule personne qui est devant l’objectif mais un ensemble d’élèves lycéens qui passent devant la caméra. Le panoramique dans la salle de réunion de discussion à propos des hétérosexuels et des homosexuels peint encore une réalité humaine par les paroles franches qui y sont dites. Tout parait très réel, et tous les éléments sont là pour que nous soyons dans l’ambiance normale d’un lycée. Dans les premiers moments du film, quand tous les personnages jouent ensemble au football nous avons face à nous une palette de couleur reflétant la réalité de la diversité humaine. Il accorde aussi une grande importance aux déplacements des personnages et les faits évoluer dans leur environnement, il s’instaure ainsi une sorte de flottement poétique autour de chacun d’eux qui prend le pas sur le récit, nous nous attachons en quelque sorte à chacun d’eux par le bout de vie que l’on partage de si près avec eux avant la rupture finale. Toutes ces façons particulières de filmer dénotent de son intention de mettre à pied d’égalité tous ses personnages, des les montrer humains. L’un ne vaut pas plus qu’un autre, nous ne pouvons nommer aucun d’eux « héros réel du film ». Même John (Gus Van Sant insiste sur lui dans la première du film comme s'il s'agissait de son héros principal) qui est la personne que nous suivons depuis le départ qui pourrait devenir notre héros, et nous le soupçonnons d’ailleurs un moment d'être le tueur. Mais il ne pouvait l’être dans la mesure où il est un élève responsable et prévoyant (il prend ses responsabilités vis-à-vis de son père et lui interdit conduire en étant saoul, il prévient les élèves et les professeurs du danger qui se prépare à l’intérieur…) ne sera pas le héro du film. Le garçon noir qui entre dans le lycée pendant la tuerie aurait tout d’un parfait héro pour ce film. En effet, il n’a pas l’air d’être le type de victime, il est calme et avance d’un pas assuré, il cherche les tueurs plutôt que de les éviter. Il est LE personnage de courage dans la mesure où il va vers le danger, et aide même une jeune fille à sortir. Il est filmé de la même manière que les tueurs, ce qui donne l’impression qu’il leurs est égal et qu’il est le seul à pouvoir les empêcher de continuer ce carnage, de le faire tout arrêter et renoncer. Il parait être le sauveur qui vient les raisonner. Mais là, Gus Van Sant l’a voulu autrement, ce personnage est abattu sans hésitation. Il ne sera donc pas le héro du film. Nous pourrions entendre par « héro » le personnage principal, celui qui va effectuer la tuerie (pourquoi le héro serait-il nécessairement le « gentil » ?). En filmant de la même manière tous les personnages nous sommes toujours dans l’attente de découvrir qui sera réellement le criminel. Il nous montre ainsi que nous sommes tous des tueurs ou victime en puissance. Nous ne savons faire la différence entre les deux dans la première partie du film. En effet, Eli est un élève qui prend photo ce qui pourrait lui donner un coté décalé ou incompris du reste du monde. Eli pour être le tueur. Nathan, « le joueur de football, celui qui plaît aux filles » tout autant, et même certains personnages caricaturés mais réels tel que Michelle, la jeune fille complexée, avec ses grosses lunettes qui se sent rejeter. Michelle pourrait être la tueuse. Mais le plus frappant est sans doute que Gus Van Sant ait utilisé les travellings au service du point de vue. Nous voyons plusieurs fois la même scène se dérouler d’un point de vue différent. Nous suivons un élève et nous vivons avec lui cet « avant tuerie », la vie d’un lycée vivant son long fleuve tranquille. Ainsi nous subissons des « retours en arrières » de nombreuses fois jusqu’à arriver au moment où John arrive et que Eli le prend en photo. Les personnages paraissent évoluer chacun de leur coté nous avons une impression de montage parallèle ou d’une succession de point de vue interne. Le lien se fait entre eux au moment où ils entrent dans le lycée. Comme s’il était lieu de vie commune. Le fait d’accompagner pour un moment chaque personnage nous fait connaitre un morceau de sa psychologie et nous fait ainsi douter des criminels. Chacun parait avoir un environnement pouvant provoquer un tel acte. Nous avons donc des pièces d’un puzzle qui ne peut être reconstitué qu’à la fin, au moment où l’action tragique arrive enfin. Nous sommes les seuls à pouvoir voir l’évènement dans sa « globalité » à travers les différents regards des personnages. Mais en réalité ce choix de point de vue interne ne nous donne que des éléments subjectifs de l’évènement, c’est pourquoi nous ne pouvons voir le film avec un point de vue omniscient dans la mesure où il n’est qu’une succession de point de vue interne et subjectif. Ce n’est qu’à travers leur sensibilité que nous vivons l’évènement. Nous ne pouvons être totalement objectifs face à cette tuerie puisque nous nous sommes un peu attaché à chacune des victimes. Nous pouvons aussi remarquer que Gus Van Sant a le souci du détail et de l’esthétique, de cette manière il nous manipule. La présentation des personnes que nous « rencontrons » pour la première fois est faite de cette manière : le prénom tombe net sur fond noir, nous pouvons ainsi imaginer qu’il s’agit de l’anticipation de leur mort, comme un coup de guillotine, il ya une ambiance de mort. Il lance aussi des pistes qui nous permettent petit à petit d’avoir un pressentiment sur l’identité des criminels. Dans la chambre des deux garçons, nous apercevons un dessin d’éléphant en arrière plan et lorsqu’Alex et Eric sont sur l’ordinateur et qu’ils font une recherche d’armes ou bien le moment où ils jouent à un jeu vidéo de tuerie, nous permet de supposer que ce seront eux les tueurs, dans la mesure où ils sont sans doute influencés par ces jeux. Peut-être que Gus Van Sant met en avant une société où il est facile d’accéder à la violence et au crime dans la mesure où il n’y a aucune barrières permettant d’arrêter les jeunes dans cette démarche : les armes sont faciles d’accès, et les parents paraissent absents (on ne voit jamais de vraie présence parentale, car bien que le père de John soit présent, le fait qu’il soit saoul montre qu’il ne prend pas ses responsabilités, ni son rôle de père au sérieux) ce qui induit que les jeunes ne sont soumis à aucun interdit parental. Gus Van Sant joue aussi avec la musique et les sons d’ambiances. La musique extra diégétique devient intra diégétique avec la « Lettre à Elise ». Au tout début du film, quand tous les élèves jouent sur le terrain de football, la musique au ton grave est plus forte que le son d’ambiance, il privilégie ainsi la musique aux sons réels et donc privilégie le drame à l’action qui est en train de se dérouler. Cette musique donne un ton tragique et instaure une ambiance lourde et pesante. Nous avons un sentiment d’angoisse et de malaise dès ce début. Il est à souligner que lorsque les jeunes lycéens sont filmés en travelling, nous ne distinguons pourtant aucun bruit de pas, comme si tous ces individus étaient là dans les couloirs de leur destiné à la mort, ou dans une espèce de temporalité fantomatique. Elephant. Un grand film. A chaque spectateurs de se laisser tracer sa route par les personnages, d’avancer dans une réflexion et de ressortir grandit de la séance. Chaque élément parait être fait pour que la sensibilité de chacun soit touchée autrement.

  •  le 07 Avril 2008 par

    De film en film, le réalisateur Gus Van Sant décline son intérêt pour l’âge adolescent, période complexe de la vie s’il en est. Inspiré de la folle fusillade meurtrière survenue dans un lycée de Colombine en 1999, Elephant nous emmène dans un établissement scolaire de Portland, un bâtiment banal semblable à celui dans lequel s’est déroulé le drame, avec ses couloirs immenses et interminables peuplés d’élèves ordinaires. Le cinéaste s’attarde comme fasciné par ce magma de sentiments et de frustrations, filme le calme planant avant le chaos et s’interroge autant qu’il nous questionne sur cet instant tragique où tout bascule soudain. Plus contemplatif qu’explicatif, Elephant est un long-métrage hypnotique, dérangeant mais important dans sa tentative de saisir le motif de la folie.

  •  le 21 Mai 2007 par

    « Elephant » traite d’un sujet intensément dramatique qui a fait la une de tous les journaux du monde et marqué à juste titre toute la société américaine. Déjà dénoncé par le documentaire « Bowling for Columbine » de Michael Moore, la tristement célèbre fusillade fait ici l’objet d’une fiction. Réalisé par Gus Van Sant, « Elephant » se vit comme un véritable choc émotionnel. Dans le cadre d’un lycée à l’intérieur froid et impersonnel, la caméra se fait légère et discrète pour voler ci et là un geste, un regard, une conversation à ces élèves ordinaires. Alors qu’ils auraient dû être anecdotiques, ces petits riens deviennent au contraire forts de sens quand on sait l’invraisemblable massacre qui se trame ailleurs. C’est justement dans cet endroit autre que le cinéaste tente de trouver une explication à la folie de deux adolescents. Il expose leur addiction aux jeux vidéo, leur fascination pour Hitler et leur passion par les armes à feu. Qu’en est-il réellement ? Nul n’en saura jamais rien… Gus Van Sant les filme tandis qu’ils planifient de manière décontractée, froide et minutieuse une tuerie qu’on ne pense possible qu’au cinéma. La facilité déconcertante avec laquelle ils se procurent des fusils par un simple clic sur le web et une signature au bas d’un bon de livraison laisse bouche bée. La vision de cette violence tranquille donne d’autant plus la chair de poule qu’elle contraste nettement avec l’ambiance bonne enfant qui règne au lycée. En alternant musique électronique et morceaux au piano, Gus Van Sant témoigne caméra à l’épaule de cet acte sauvage et insensé qui signifie la disparition pure et simple d’être humains qui ne demandaient qu’à vivre tandis que deux déséquilibrés laissent libre cours à leur folie. Cette violence incompréhensible racontée avec douceur et poésie n’a pas fini d‘émouvoir ni de bouleverser…

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