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Allemagne année zéro

Note : 5/5.0 - 2 avis

Titre VO : Germania anno zero

Un film de Roberto Rossellini avec Edmund Meschke , Ingetraud Hinze , Franz Krüger , Ernst Pittschau , Erich Guhne

Genre : drame - Durée : 1h14 - Année de production : 1947

Date de sortie cinéma : 27 Mai 2015

Roberto Rossellini
Edmund Meschke
Ingetraud Hinze
Franz Krüger
Ernst Pittschau
Erich Guhne

Papiers peints et tableaux Star Wars

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Allemagne année zéro, le film

  • Allemagne année zéro

    Synopsis

    La vie d'une famille à Berlin après la guerre : le père, vieux socialiste, est malade du coeur. Son fils aîné, un ancien nazi, se cache. Sa fille se prostitue à des Français en échange de cigarettes et le fils cadet, Edmund, traine dans les rues insouciant à la recherche de nourriture pour sa famille.

Le Casting du film

  • LISTE ARTISTIQUE
    Edmund MeschkeEdmund Kohler
    Ingetraud HinzeEva Kohler
    Franz KrügerKarl-Heinz Kohler
    Ernst PittschauM. Kohler, le père
    Erich GuhneL'instituteur
    Hans SangenMonsieur Rademaker
  • LISTE TECHNIQUE
    Roberto Rossellini
    Heidi BlänknerMadame Rademaker
    Roberto Rossellini
    Carlo Lizzani
    Max Kolpé
    Robert Juillard
    Eraldo Da Roma
    Roberto Filippone
    Christophe Calmels
    Renzo Rossellini

Avis et critiques des internautes


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  •  le 19 Mai 2011 par

    Nous sommes dans les années de la seconde Guerre Mondiale, et l'Allemagne est au plein coeur du conflit. La censure fait rage en ce qui concerne les sortis des films, et très peu arrivent à passer aux travers des mailles du filet. Les réalisateurs de l'époque veulent cependant retranscrire ce qu'il se passe, et arrêter de mentir aux populations par le biais d'images mensongères. Ils veulent un rapport avec la société, avec une manière particulière d'utiliser la caméra ou encore le montage. C'est en 1942 que Luchino Visconti arrivera à annoncer un renouveau cinématographique en contournant la censure avec son film "Ossessione" également appelé "Les Amants Diaboliques" en français.

    Roberto Rossellini va avoir le déclic et sera le premier à se lancer dans le pari fou d'un cinéma néoréaliste, avec "Rome Ville Ouverte" en 1945. Rossellini est un cinéaste moderne qui a vécu le conflit, et suite à cela, il va s'intéresser aux tensions qui ont émergé dès 1945, tout comme Spielberg qui le fait après lui avec "Il faut sauver le soldat Ryan". "Allemagne année zéro" poursuit la lignée du réalisateur italien dans ses film du même genre qui ont la particularité d'avoir un aspect documentaire parce que les films étaient systématiquement tournés en extérieur, et non dans les studios. Nous voyons donc à quel point la ville de Berlin est détruite. La raison de cette forme particulière de tournage est simple, à la fin de la guerre, lʼindustrie cinématographique semble détruite car les studios sont en ruines, lʼargent est mobilisé ailleurs, les pellicules manquent et bien d'autres choses rentrent en compte. Les cinéastes sont donc amenés à tourner en extérieurs dans les décors réels (des ruines donc) en utilisant des produits récupérés à droite et à gauche, avec les moyens du bord. Malgré tout, des films sont toujours réalisés par les cinéastes les plus tenaces comme De Sica, Visconti ou Rossellini. Les motivations des néoréalistes sont multiples : exprimer leur sentiment de libération (liberté dʼexpression, plus de censure), une volonté de témoigner suite aux blessures de la guerre, ou encore, un certain désir de filmer les réalités actuelles, la vie dʼaprès-guerre.

    Lʼesthétique néoréaliste permet de raconter les expériences vécues par chacun pendant la guerre : les tortures, les violences, les meurtres (Rome, ville ouverte - Paisa - Allemagne, année 0 - etc...). Ils mettent en scène les gens du peuple, les VRAIS protagonistes des films, ceux qui viennent de vivre la guerre. Cʼest un cinéma du témoignage. En 1945, les néoréalistes redécouvrent le cinéma comme aux origines (posée la caméra dans la rue, elle filme ce qui passe), comme lʼavaient fait les frères Lumières avant eux. Certains cinéastes ont compris quʼils pouvaient utiliser les conditions médiocres au profit de leurs idées, pour nourrir leur style (comme avec les authentiques appartements plutôt que des studios dans Le voleur de bicyclette). Les cinéastes que lʼon peut regrouper dans cette école artistique sont : Blasetti, De Sica, Visconti, Rossellini, Fellini, Lattuada, De Santis. Les trois grands films de Rossellini (Rome, Ville Ouverte - Allemagne, année zéro - Paisa) représentent une série de constats pour comprendre le monde de 1945. Entre ses différents films, la vision de Rossellini évolue. Ses films sont tournés avec des personnages simples pour que lʼHomme de 45 puisse sʼy identifier.

    Rossellini est très souvent appelé “le père du néoréalisme“ bien quʼil sʼen défende. En effet, ses films ont marqué les bases de ce que sera le néoréalisme. Au sortir de la guerre, Rossellini a enfin pu révéler SA conception du cinéma. Il refuse de se reconnaitre comme “père du néoréalisme“ car pour lui ce mouvement nʼest pas un style finit, chacun peut faire ce quʼil veut. Il veut avant tout montrer son amour du prochain (ce qui est très marqué dans les films de De Sica comme dans "le voleur de bicyclette"). Selon Rossellini, en tant que cinéaste, il faut avoir, par la caméra, un regard critique de la réalité. Chaque cinéaste doit affirmer SON style car exprimer SON sentiment sur la réalité.

    Il nʼy a pas “dʼétiquette“ néoréaliste prédéfinie. "Païsa" (1946) est son deuxième film tryptique de guerre, et sera le moteur nécessaire à la réalisation de "Allemagne année zéro", avec une radicalisation du geste Rossellinien. Allemagne, année 0 (1947), 3e et dernier film de la série Rossellini continue de porter un regard moral aux choses. Il affine encore son geste cinématographique, en montrant les choses telles quʼelles sont. Il fait ici le choix de soumettre le récit au point de vue dʼun enfant : Edmund. Rossellini pense quʼil faut : “suivre un être tout petit, avec amour, avec tout ce qui le domine”, suivre sa vision des choses. Ce qui importe cʼest lʼattente de quelque chose, jusquʼau plan long de la fin, jusquʼà la chute. Seul le plan long permet dʼaccéder à la vérité. Il faut rendre possible une représentation singulière du monde, sans le manipuler. Nous sommes seuls juge des actes des personnages, il y a donc beaucoup de plans de marches, de parcours. Le néoréalisme Rossellinien va également mettre en scène lʼattente, les doutes.

    La position morale de Rossellini est un travail sur l'ambiguïté, ou encore lʼambivalence. Ce film a un véritable côté documentaire, notamment pendant le générique de début. Les ruines sont montrées dʼune certaine hauteur, ce qui montre le regard de Rossellini vis-à-vis de celles-ci. Le travelling a pour mission de reproduire cette impression de «flotter sur Berlin». Le premier plan présentant des humains est dans un cimetière, cela présente un certain point de vue sur la situation de lʼAllemagne. À travers la déambulation dʼEdmund, on se rend compte quʼil est le seul à essayer de subvenir aux besoins de sa famille, il se sent investit de cette tache là. De plus, l'enfant est filmé en inadéquation avec son environnement, il nʼa jamais sa place, même dans son appartement quʼils partagent à plusieurs familles. À partir dʼun moment, on passe du documentaire à la fiction, et ce qui démarre cette fiction est un geste cinématographique de description, lorsque l'on se rend dans lʼappartement. Edgar Morin pense que ce film décrit «la guerre dans la paix», à ce moment-là en Allemagne. Selon les allemands, la présence des américains perpétuerait le climat de guerre malgré la fin de celle-ci, les allemands se présentent donc en victimes, refusant dʼadmettre ce à quoi ils ont participé. La ville en ruine est significative des individus en ruines, notamment à travers leurs conditions de vie, et donc également de leur moral.

    Rossellini nous présente un Edmund tiraillé entre plusieurs points de vues contradictoires des adultes (son père, sa soeur, le professeur, son frère, etc...). Ces discours commencent peu à peu à enlever toute liberté au petit garçon, il nʼa jamais vraiment eu le choix. Le discours de professeur par exemple, lʼinfluence jusquʼau meurtre de son père. On suis lʼitinéraire dʼEdmund de la liberté à la culpabilité, il y a différentes déambulations, au début et à la fin. Au bout du compte, Edmund perd toute envie de vivre, soumis à tant dʼavis contradictoire. Durant la séquence de la fin, on suit l’évolution de la pensée d’Edmund jusqu’au suicide. Il subit une série de rejet (Christl, le professeur, l’église aussi, les enfants), ce qui le mène à une grande solitude : seul avec ses horribles pensées. Rossellini inscrit le personnage dans un ensemble de ruines, ce qui ramène au personnage qui est lui même en ruine. Edmund s’élève pour contempler le monde avec un regard neutre d’enfant entre deux gros plans du visage, est intercalé un plan en plongée des ruines (pour montrer que cette réalité n’est plus rien pour l’enfant).

    Rossellini n’énonce pas précisément les causes du suicide, il laisse le spectateur trouver ses propres raisons. Progressivement, Edmund devient un bouc émissaire, une victime de l’histoire. Edmund représente les contradictions de lʼhistoire, il incarne lʼhumain contre lʼinhumain. Par son sacrifice, Edmund expie les fautes de toute lʼAllemagne de 1945. Pour Rossellini, ce suicide a valeur de rédemption pour lʼAllemagne. On retrouve la notion de CATHARSIS (effet de purgation des passions pour le spectateur). Les individus qui entourent ont un rôle passif (le père, le frère, la soeur, etc...), en perdant la guerre, ils ont perdus leur idéologie. Contrairement à Edmund qui à un rôle très actif. Une vérité est mise à jour par Rossellini; derrière la mauvaise conscience du père et du frère, il y a un refus des réalités, un refus de la vie quotidienne à partir du moment où la réalité demande une lutte; il y a donc un refus de la vie, ces personnages sont comme déjà mort. Pour eux il est impossible de vivre dans le monde de 45. Nous retrouvons une forme cinématographique épurée, simple et juste ce qui donne un ensemble de choix qui poussent vers la réflexion. Sa voie cherche à être néoréaliste, à refléter le monde, ses contradictions, mais aussi à trouver la position néoréaliste qui permet de réfléchir sur le monde.

  •  le 24 Mars 2007 par

    Certains films d'après-guerre peuvent être beaucoup plus violents que certains films de guerre. Rossellini nous le prouve avec Allemagne année zéro. Comme le texte l'indique au début du film, la caméra est neutre, le réalisateur ne prend pas parti, il fait un constat. Un constat pour le moins pessimiste. Dans le Berlin d'après guerre, les allemands survivent tant bien que mal et tentent de sortir des tourments de la guerre. Il y a parmi ces tourments : les ruines, la faim, la misère, et la peur (plus que de la honte) de se voir juger pour ce qu'on a fait pendant la guerre. Et puis, il y a un enfant : Edmund. Merveilleusement filmées par Rossellini, sa dignité et sa souffrance sont palpables. Jusqu'à sa fin tragique...

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