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Valse avec Bachir, les critiques

 

Les critiques spectateurs

 
le 23-08-2008 par mastrojojo
C'est l'une des grandes ( et rares) injustices du palmarès de Cannes. Alors qu'il figurait parmi les plus grands favoris, le film d'Ari Folman est reparti bredouille. Ce qui est assez incompréhensible. Le réalisateur israélien raconte sa propre histoire et son propre trauma dans cette catharsis servie par une animation simple et précise. A la fois très dure et épouvante dans la description des horreurs de la guerre, mais souvent poétique et onirique, cette odysée personnelle culmine avec l'évocation des terribles massacres de Sabra et Chatila. Le choix d'une histoire animée assortie de véritables témoignages audio donne, contre toute attente, encore plus de poids aux images d'une guerre un peu oubliée, mais dont les répercussions sont d'actualité. Un grand moment de cinéma.
le 22-08-2008 par eman02
Injustement oublié au palmarès du dernier festival de Cannes, "Valse avec Bachir" s'inscrit dans les traces de "Persépolis" et ouvre encore de nouvelles perspectives au cinéma d'animation
Car ce film israélien est bel et bien le premier documentaire en dessin animé de l'histoire du 7eme art. Il souffre d'ailleurs des défauts souvent rédhibitoires au genre docu: des longueurs, beaucoup trop de bavardages lors d'interviews longuettes et retranscrits très fidèlement, un sérieux pompeux et ennuyeux qui empêche souvent l'émotion et la compassion
Mais, et heureusement, pour cette valse, l'animation est purement et simplement bluffante, un pari technique et artistique risqué mais réussi avec brio. Le choix du dessin animé permet d'ailleurs de donner vie et corps aux souvenirs et aux chimères (superbe scène d'introduction avec cette course-poursuite de chiens jaunes agressifs) de ces soldats israélien livrés à eux mêmes dans une guerre absurde
Ari Folman, réalisateur angoissé qui se paie là une vrai psychothérapie sur grand écran, dénonce au-delà du massacre de Sabra et Chatila l'absurdité de toute guerre. Parfois de façon maladroite comme ces rencontres avec son psy au discours étonnamment simpliste et réducteur. Parfois de façon magistrale épaulé par une bande son plus que pafaite (notamment l'utilisation bien vue de "Sunday Bloody Sunday" de U2). LA scène d'anthologie restera sans doute celle qui donne le titre au film, une danse surréaliste entre un soldat et son fusil sous les balles ennemies, une chorégraphie où enfin l'émotion et la poésie parviennent à briser les lourdeurs du documentaire. La fin laissera les spectateurs indigné et sans voix même si la démonstration aurait sans doute suffi sans ses images d'archives forcément choquantes.
Un film indispensable donc malgré ses maladresses et ses longueurs, un film techniquement maitrisé au graphisme très original, un film utile surtout qui dénonce sans concession les responsabilités de chacun dans un massacre gratuit sans justification possible, un film enfin en forme de manifeste pour la paix.
le 12-08-2008 par zzougga
C’était l’une des bonnes surprises de ce Festival de Cannes 2008 : un film d’animation retraçant l’histoire de l’Israélien Ari Folman. Vingt ans durant, ce jeune homme a enfoui au fond de sa mémoire ce qu’il a vécu pendant la guerre du Liban. Jusqu’au jour où une image de lui à Beyrouth lui revient en rêve. La première d’une longue série. Bien décidé à recomposer cet intriguant puzzle, l’ancien soldat de Tsahal fait le tour de ses anciens compagnons d’infortune… Dégoûter véritablement de la guerre là où le cinéma du genre magnifie généralement la violence, telle était la volonté du réalisateur. Il ne parvient hélas qu’à ennuyer avec une narration emberlificotée et extrêmement bavarde, où surnagent heureusement un coup de crayon plein d’élégance et une bande originale rock génialissime. Osé, Valse avec Bachir l’est certainement quand il dénonce l’action ouvertement criminelle des militaires israéliens au pouvoir. Réfléchi et louable, le film l’est tout autant à vouloir polémiquer sur le massacre de Sabra et Chatila. Peut-être n’était-il pas nécessaire de procéder de manière aussi décalée, avec moult symboles à l’appui. A vrai dire, les dernières minutes lors desquelles le dessin laisse place à des images d’archives en dit bien plus long que l’auto thérapie animée de l’auteur…
le 04-07-2008 par zanzibar
Avec ses couleurs jamais franches mais toujours très soutenues, avec ses personnages aux traits grossiers et tant de détails dans les décors, avec son je ne sais quoi de magique au niveau de l’image, Valse avec Bachir est totalement envoûtant. De même, le décor musical du film est saisissant (une valse de Chopin sous les tirs en plein Beyrouth, ou encore le spectre pathétique et émouvant des années 80 jaillissant avec Orchestral Manœuvre in the Dark ou PIL). Ce qui pêche violemment dans ce « documentaire animé » n’est pas tant l’idée scénaristique de base (la quête analytique d’un homme à la recherche de son passé et qui ne sera libre que lorsqu’il pourra enfin faire face à sa culpabilité) que la forme narrative de l’histoire. Les récits de chaque témoin (les compagnons d’armes qu’Ari va solliciter pour retrouver sa mémoire à travers la leur) sont trop distanciés par rapport à l’image pour captiver le spectateur et l’émouvoir vraiment. Les personnes interviewées racontent leurs souvenirs avec une sorte de retenue et de froideur qui ne permet pas d’éprouver de l’attachement pour eux (sauf peut-être pour le copain désenchanté d’Ari qui vit au Pays Bas et dont j’ai oublié le nom). Du coup on s’ennuie parfois un peu. Et on sort de la salle avec la très raisonnable pensée que la guerre c’est moche et inutile et vain, mais on n’est pas bouleversé. Même les dernières images du film (aussi laides que le reste du film est beau) ne réussissent pas à renforcer le manque d’implication provoqué par les longueurs des monologues apathiques. Valse avec Bachir est donc une vraie réussite esthétique et une vraie réussite documentaire. Mais ce n’est pas le grand film passionnant de l’année.
le 01-07-2008 par zero7
Et oui! Le cinéma d’animation a sa place dans le 7eme art. Avec un dessin plutôt minimaliste, Ari Folman nous emmène dans les méandres de ses souvenirs d’une guerre que sa mémoire a occultée. Patchwork d’interview, de flash-back et de cauchemars, Valse avec Bachir nous narre l’horreur dans laquelle de jeunes israéliens ont été plongés lors de la guerre du Liban, au début des années 80 (bande son à l’appui). Belle et brutale l’animation nous immerge dans cette guerre et dans les cauchemars qu’elle a légués à ces jeunes soldats et amorce une réflexion sur la guerre, la mémoire et la culpabilité. Un petit bémol sur les 30 dernières secondes du film en images d’archive, comme une excuse au choix de l’animation pour un sujet aussi grave, qui n’était, à mon avis, pas nécessaire.
 
 
 

Les critiques presse

 
par Serge Kaganski
(...) un film qui est un intelligent travail de (et sur la) mémoire, une oeuvre forte, belle et utile.
par Philippe Azoury
Ari Folman vient de nous faire un dessin, peut-être même le dessin de l'année. Il vient aussi de tirer un trait définitif, rageur, sur ce que l'on croyait savoir sur la frontière entre la fiction et le documentaire.
par Jacques Mandelbaum
La richesse de Valse avec Bachir tient à la singularité de sa fabrication, à sa dénonciation par l'absurde de la guerre ou au phénomène de catharsis artistique qu'il met en oeuvre.
par Pierre Vavasseur
Quelques maladresses dans la représentation des personnages sont vite effacées par la beauté graphique de l'ensemble (...) Valse avec Bachir est une partition fascinante sur la capacité de la mémoire à enfuir ce qui la dérange.
par Emmanuel Burdeau
Reconnaissons qu'il y a quelque chose à la fois d'élémentaire et de très osé dans la décision de réaliser en animation un film dont l'objet est la mémoire.
par Louis Guichard
Sa [Ari Folman] quête est personnelle, et de cette dimension intime, commune à tous les témoignages recueillis, découle l'émotion spéciale provoquée par le film.
 
 

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