The Visitor, les critiques

 

Les critiques spectateurs

 
Critique : The Visitor - par zanzibar  le   - Note 5
Walter Vale a-t-il été par le passé autre chose que cet homme terne, lisse, froid, raide, triste, engoncé dans ses petites manies et ses pathétiques mesquineries ? L’histoire ne le dit pas. Ce que nous raconte Tom McCarthy dans The Visitor, c’est l’histoire de l’homme dont je vous ai dressé le portrait plus haut et de son ouverture au monde. Un improbable concours de circonstances va provoquer chez Walter un insidieux mais inéluctable bouleversement : il va devenir curieux des gens qui l’entoure et va même les aimer. Cet attachement à la fois pudique et maladroit qu’il éprouve pour ses nouveaux amis va tout d’abord le déranger. Il semble même un peu coupable de s’autoriser ce genre de sentiments. Comble de surprise, Walter va même aller jusqu’à s’aimer lui-même, au moins un peu, par moment. C’est cette découverte de l’amitié (et de l’amour) teintée d’embarras, d’étonnement et de tolérance que le génial Richard Jenkins réussit à transmettre à chaque instant. A côté de lui, on retrouve la toujours très digne Hiam Abbass (vue récemment dans Les Citronniers) et le généreux Haaz Sleiman. Des acteurs sublimes qui font du sujet le plus casse-gueule de la décennie (l’intégration, la clandestinité et la politique répressive et déshumanisée qui va avec) un film magnifique empreint d’une douceur et d’une humanité remarquable. Au début du film, Walter Vale est terriblement seul. A la fin du film, il l’est à nouveau. Entre-temps il a découvert qu’il était vivant. Magnifique !
 
 
 

The Visitor, de la littérature au djumbe.

 
par Emmanuel Pujol
La critique Fan de cinéma

Qui est the visitor ? Est-ce Howard professeur d’université solitaire et acariâtre, triste spectateur de sa vie ? Ou bien est ce Tarek, le syrien,  illégalement mais confortablement installé avec son amie Zainab, la sénégalaise, dans l’appartement presque toujours vide d’Howard à New York ? Le film apportera une réponse évidente d’humanité et tragique d’injustice.

the visitor, le film
Mais avant tout, the Visitor c’est une histoire d’amitié improbable entre Howard et Tarek grâce à un amour commun de la musique. Tarek va éveiller Howard, piètre pianiste, à la subtilité du djumbe. Passionné, intègre, le jeune homme va décoincer le sérieux et terne universitaire.

Il va devenir évident, essentiel pour Howard d’aider ce couple quand il va se retrouver en grande difficulté. Cela va donner un nouveau sens, noble, utile, à sa morne existence. Ce qu’il va leur arriver ne doit surtout pas être révélé ici mais il sera question d’injustice, de solidarité, d’amour même. Le tout conté avec grâce et précision. Les sujets abordés sont graves mais le film est aérien, sobre, délicat.

Les acteurs sont tous - sans exception - d’une justesse incroyable. Richard Jenkins, habitué des seconds rôles (on connait tous son visage, on ignore tous son nom), campe ici un Howard sensible et sincère qui redécouvre les joies simples de la vie. Haaz Sleiman offre à Tarek son sourire lumineux et un regard brillant de vie et d’espièglerie. La belle Danai Gurira est resplendissante en amoureuse transie et inquiète. Enfin, Hiam Abbass est dans le registre de l’émotion contenue, des silences si parlants, de la dignité insubmersible. Un carré d’as qui permet au réalisateur de se concentrer sur son récit d’une limpidité rare qui alterne les tranches de vies joyeuses, tragiques et même futiles.

C’est peu de dire que Tom McCarthy confirme les attentes placées en lui après son premier long métrage, The Station Agent. Le réalisateur n’impose pas ses réponses, il ne fait que poser des questions, subtilement, subrepticement. The visitor conquiert les cœurs et impressionne par sa justesse de ton. Une belle surprise, un grand film.

Emmanuel Pujol

 
 

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