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Qui est the visitor ? Est-ce Howard professeur d’université solitaire et acariâtre, triste spectateur de sa vie ? Ou bien est ce Tarek, le syrien, illégalement mais confortablement installé avec son amie Zainab, la sénégalaise, dans l’appartement presque toujours vide d’Howard à New York ? Le film apportera une réponse évidente d’humanité et tragique d’injustice.

Il va devenir évident, essentiel pour Howard d’aider ce couple quand il va se retrouver en grande difficulté. Cela va donner un nouveau sens, noble, utile, à sa morne existence. Ce qu’il va leur arriver ne doit surtout pas être révélé ici mais il sera question d’injustice, de solidarité, d’amour même. Le tout conté avec grâce et précision. Les sujets abordés sont graves mais le film est aérien, sobre, délicat.
Les acteurs sont tous - sans exception - d’une justesse incroyable. Richard Jenkins, habitué des seconds rôles (on connait tous son visage, on ignore tous son nom), campe ici un Howard sensible et sincère qui redécouvre les joies simples de la vie. Haaz Sleiman offre à Tarek son sourire lumineux et un regard brillant de vie et d’espièglerie. La belle Danai Gurira est resplendissante en amoureuse transie et inquiète. Enfin, Hiam Abbass est dans le registre de l’émotion contenue, des silences si parlants, de la dignité insubmersible. Un carré d’as qui permet au réalisateur de se concentrer sur son récit d’une limpidité rare qui alterne les tranches de vies joyeuses, tragiques et même futiles.
C’est peu de dire que Tom McCarthy confirme les attentes placées en lui après son premier long métrage, The Station Agent. Le réalisateur n’impose pas ses réponses, il ne fait que poser des questions, subtilement, subrepticement. The visitor conquiert les cœurs et impressionne par sa justesse de ton. Une belle surprise, un grand film.
Emmanuel Pujol