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Est-ce grave, messieurs les producteurs, cette épidémie de films doux amers et tendres sur des familles toutes plus barrées les unes que les autres et censés nous faire sentir mieux à la fin de la projection ? Les scénaristes seraient ils à court d’idées pour nous resservir, à quelques différence près, toujours les mêmes histoires avec petits drames, difficulté de trouver l’amour et jeunes légèrement perturbés mais attendrissants ?
Sunshine Cleaning, c’est un fait, ne se distingue pas par son originalité. Malgré tout, on passe un très bon moment en compagnie d’une Amy Smart loin de son rôle de princesse dans « Il était une fois » et d’Allan Arkin, parfait en grand père excentrique (tiens, je l’avais oublié cette figure incontournable du feel good movie, l’aïeul gaga mais sympa)
L
’histoire s’intéresse donc à la famille Lorkowski. Rose a l’impression de rater sa vie : un boulot pourri, un amant qui aurait du être son mari, une sœur irresponsable, un fils facétieux (voire à problèmes selon certains esprits chagrins dans le corps professoral), un père multipliant les combines farfelues. Mais Rose a décidé de se reprendre en main et pour cela elle décide de monter sa propre société pour le moins originale de nettoyage de scènes de crimes. On vous passe les détails et les rebondissements, le tout finira sans surprises (on s’en doute)
De ce métier plutôt sombre dont Renny Harlin a récemment tiré un thriller (le très moyen Cleaner), Christine Jeffs a elle décidé de nous faire sourire et de nous faire croire (feel good movie rappelez vous) que rien n’est jamais perdu à condition d’essayer. Les personnages sont attendrissants, les seconds rôles formidables (Clifton Collins en manchot bricoleur et Steve Zahn en flic goujat méritent une mention), la bande-son évidemment pop rock indie.
Ce rayon de soleil nettoie les idées noires. C’est un mérite indéniable. Mais l’effet euphorisant ne risque que d’être très éphémère. Vous voila prévenu.
Emmanuel Pujol