Critique : Shine a Light - par zanzibar
le
- Note 5
Ce docu-musical de Scorsese sur les Rolling Stones laissera sans doute plus d’un spectateur sur sa faim. En effet, on est loin du fabuleux Rolling Stones At The Max de Julien Temple et consorts (qui procurait une terrible impression de proximité avec le groupe) et on est également loin de No Direction Home (documentaire passionnant et très documenté de Scorsese sur Bob Dylan).
Shine a Light ressemble plutôt à un caprice de luxe d’un réalisateur affichant une admiration sans borne pour les vieux sorciers du rock’n’roll. Et les vrais fans, avec leur inévitable léger manque de discernement, seront ravis de voir à nouveau les Stones à l’écran même si ce métrage ne leur apporte rien. Les rares et très brèves séquences d’archives présentées sont complètement anecdotiques (même si certaines font sourire) et les Stones sont une parodie d’eux même : Mick Jagger survolté et incandescent (vieux et tellement ridé que c’en est indécent), Jack Sparrow, pardon Keith Richard (!) toujours cabotin et brouillon (vieux et tellement ridé que c’en est drôle), Ron Wood l’inaltérable élément indispensable à la cohésion musicale de l’ensemble (moins vieux et moins ridé que ses compères), et Charlie Watts toujours aussi impassible (vieux lui aussi mais comme il n’a jamais eu l’air vraiment jeune, ce n’est guère troublant !).
Derrière ces vieilles peaux, reste le mythe. Et la musique. Et pour tout ça, Shine a Light est un film des plus précieux.
Assister à un show impeccable des Stones reste un spectacle unique (...) mais là, on se retrouve le plus souvent à attendre avidemment les parenthèses entre les morceaux.
L'équipe de Scorsese saisit le groupe sur le vif, (...) donne au groupe le maximum de sa présence sans l'écraser sous une démonstration visuelle hors sujet. (...) Nulle révolution rock ou cinérock ici, mais un concert des Stones solide et bien rendu.
Même le fan admettra qu'ils [les Rolling Stones] sont leur propre musée Grévin depuis des lustres. Paparazzo de luxe, Martin Scorsese semble ici le découvrir. D'où un film assez masochiste.
Quelques archives ponctuent toujours dans le même sens l'enchaînement endurant des morceaux live. Ces inserts sont trop rares pour viser une archéologie du groupe ou guetter (...) le parcheminement porgressif des vieux rockers.
Shine a Light est fait de musique, parfois remarquable, et de ce regard lucide sur le temps qui passe, qui en fait un peu plus qu'un bon film de concert.
Shine a light n'a qu'un seul but : démontrer que the Rolling Stones galopent encore comme des antilopes. Vrai, même si le témoignage paraît ne s'adresser qu'à ceux qui en sont déjà convaincus.
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