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Le film commence d’ailleurs le soir de son assassinat sordide à Los Angeles, une fin absurde mais finalement inévitable dans une guerre des gangs entre rappeurs des deux côtes. La mort six mois avant de Tupac Shakur ne pouvait pas rester impuni dans cet univers de luxe, de stupre et de flambe… Christopher Wallace en sera donc une victime expiatoire qui aura évidemment pris le chemin de la rédemption et de la prise conscience de ses pêchés dans les jours précédant sa mort – comme s’il avait senti que son heure était arrivée. C’est en tout cas ce que s’applique à démontrer très sagement et didactiquement ce biopic bien trop lisse pour être complètement honnête et convaincant. Il faut dire que le scénario a été supervisé – agrée même - par Voletta Wallace, la propre mère du chanteur et deux de ses anciens managers. Et c’est peu dire que le film donne à la première le beau rôle : une mère aimante, protectrice, compréhensive. Aucune ombre au tableau, surtout ne pas remettre en cause la version officielle de la famille et des proches. On est plus proche de l’hagiographie que du portrait réaliste et complexe pourtant fièrement mis en avant dans le dossier de presse.

Life After Death, c’est le titre de l’album sorti quelques semaines après la mort du chanteur, titre prémonitoire prévu bien avant son assassinat. S’il en était encore besoin, cette ironie du sort prouve que la vie est décidément bien plus imprévisible et surprenante que la fiction. Dommage qu’Hollywood l’oublie une fois plus dans ce biopic propret et sans aspérités alors qu’il y avait vraiment matière à faire plus, tellement bigger…
Emmanuel Pujol