Max Payne, les critiques

 

Les critiques spectateurs

 
Critique : Max Payne - par febu  le   - Note 2
L'adaptation cinématographique de jeux vidéos est très difficile, "Max Payne" en a payé les conséquences. C'est Mark Wahlberg qui a décroché le rôle de ce personnage assoiffé de vengeance, et qui est censé être d'un enthousiasme explosif lorsque ses ennemis se retrouvent face contre sol, gisant dans leur propre sang. A la place, nous avons un personnage effacé, alors que le réalisateur John Moore disait clairement lors d'une interview : "J'ai choisi Mark Wahlberg parce qu'il donne l'impression que c'est sérieux quand il a un flingue en main" ce qui voudrait dire qu'il serait censé être impressionnant, et qu'en le croisant dans la rue, on serait déjà parti en courant. De plus, on pourrait croire qu'il est noyé par l'action, qui est pourtant timide... Etrange non ? Il n'y pas grand chose à sauver de ce film, je propose donc d'en rester là, et d'aller chercher sa manette et sa console, pour ne pas trop s'apitoyer sur son sort et continuer à penser que Max Payne, c'est pas si mal en fait...
 
 
 

Max Payne, flic dur au mâle

 
par Emmanuel Pujol
La critique Fan de cinéma

Max payne, le film
Adapter un jeu vidéo au cinéma est tout sauf une sinécure. Le pari relèverait plutôt du piège casse-gueule par excellence. Les gamers acharnés se souviennent avec horreur du passage sur grand écran de jeux cultes comme Doom, Alone in the Dark ou, pire encore (y a-t-il une échelle dans la nullité ?) de Street Fighter ou Super Mario Bros.

Autant d’échecs aussi bien critiques que commerciaux. Max Payne parvient-il à renverser cette tendance ?

Premier point, négatif, le nom du réalisateur n’inspire pas une confiance absolue. John Moore, réalisateur du piteux remake du classique de l’horreur La Malédiction, est dans la droite ligne des (mauvais) spécialistes du genre, Uwe Boll et Paul W. S. Anderson. Le résultat est donc presque plaisant et surprenant par rapport aux attentes. Le Moore crée une ambiance très noire à mi-chemin entre Constantine et Sin City. Certes, le tout est très artificiel et n’assume pas complètement son côté comics. Toutefois, l’ensemble reste cohérent.

Mais une ambiance ne fait malheureusement pas tout : le scénario est cousu de fil blanc, les dialogues sont pathétiques (même en ayant vu le film en V.O. non sous titrée, j’ai tout compris tant les répliques sont pauvres), Mark Wahlberg fait du mauvais Keanu Reeves en ne changeant pas une seule fois d’expression faciale pendant 1h40, Beau Bridges rêve d’avoir la même carrière que son frère -sans succès ! - et Olga Kurylenko fait une apparition bien trop courte et qui ne mériterait même pas d’être mentionnée si elle n’était pas (une fois encore) fort joliment dénudée…

Max payne, le film
Pire encore, les scènes d’action, et en particulier les fusillades apparemment tournées avec une nouvelle technologie, souffrent d’un manque d’imagination et de crédibilité flagrantes. Contrairement à un jeu vidéo où le héros peut mourir et ressusciter à volonté, le Max Payne du film est 200% bulle proof : même à bout portant, un tireur d’élite le rate ! Et là où un joueur pourrait ressentir l’adrénaline de l’action au bout de sa manette, le spectateur doit subir impuissant une histoire linéaire sans grand intérêt sur fond d’expériences médicamenteuses, de vengeance ultime et de rédemption très messianique. La trame, ultra-classique, se rapproche de celle d’un polar hard-boiled lambda mais les personnages - par trop schématiques - ne suscitent aucune empathie. John Moore n’a en réalité pas su transcender l’univers très codifié du jeu vidéo pour en faire un vrai film à part entière à la personnalité affirmée. Le film ne tient en tout cas pas les promesses entre-aperçues dans une bande annonce ultra stylisée qui voulait faire croire au miracle.

Même si Max Payne ne dément pas cette « malédiction » qui pèse sur l’adaptation ciné de jeux vidéo, le résultat est beaucoup moins honteux que d’autres productions du même genre. Le film n’est pas un nanar irregardable mais il ne vaut pas mieux qu’un direct-to-DVD plaisant et mineur à regarder chez soi tranquillement sous la couette.

Emmanuel Pujol

 
 

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