CHE, l'argentin,le film

I'm Not There, les critiques

 

Les critiques spectateurs

 
le 30-12-2007 par Rob
Quelques milliers de signes ne suffiraient pas à décrire par le menu ce I'm not there si riche, dense, complexe, et pourtant d'une lisibilité enfantine. Spécialiste des projets décalés (mais un décalage toujours sincère, jamais calculé), Todd Haynes s'est ici surpassé, tentant de retracer la vie de Bob Dylan par l'intermédiaire des histoires d'une demi-douzaine de personnages (ou plus), totalement dissemblables, mais ne formant qu'un : Dylan. Un petit garçon noir, quelques mecs, une femme, pour un puzzle fascinant et universel, évidemment rythmé par les chansons de Robert Zimmermann. À vrai dire, il est assez difficile d'expliquer pourquoi le film parvient si facilement à imposer son style et son charme si particulier. Sans doute parce qu'il ne s'arrête pas à la surface d'un concept accrocheur (façon Todd Solondz dans le désespérant Palindromes). Et parce qu'il va encore plus loin, attribuant la part du lion à un personnage qui n'est rien de moins que l'acteur qui joue Jack Rollins, le personnage de Christian Bale, dans le film qui lui est consacré. Aucun rapport avec Dylan ? Si, évidemment. On a beau ne pas forcément connaître la bio du chanteur, on sent bien que tout nous amène à lui. Haynes a le bon goût de ne pas dévoiler toutes ses cartes en début de partie, refusant une bête construction de film choral pour mieux nous faire découvrir de nouveaux personnages à mesure que les bobines s'enchaînent. Ainsi, les fans de Richard Gere devront être très patients. I'm not there, c'est six films en un, six pépites fondamentalement différentes les unes des autres, et qui englobent finalement l'ensemble du vocabulaire cinématographique. Les apparitions épisodiques de Ben Whishaw (dans le rôle d'... Arthur Rimbaud ?) sont aussi fascinantes que celles de Heath Ledger, qui livre une prestation plus «classique», moins directement ancrée à la destinée dylanienne. Mais la partie la plus fascinante est sans doute celle avec Cate Blanchett, qui se débarrasse de tous ses oripeaux d'actrice appliquée mais scolaire, pour livrer une interprétation absolument fascinante. Peu d'artifices, juste quelques manières empruntées à son modèle, et Blanchett devient Dylan. C'est la partie la plus biopic du film, mais elle ne cède jamais aux sirènes de la linéarité. C'est par la bouche de ce personnage, Jude Quinn, qu'Haynes fait vivre les états d'âme et l'ambivalence acerbe d'un type insaisissable. C'est là que l'on réalise que Control, récit de la courte existence de Ian Curtis par Anton Corbijn, est un tout petit film. Au moins six fois plus petit que I'm not there. Quand on voit cela, on se demande bien comment on a pu supporter les biographies linéaires de chanteurs dont on se moquait à moitié. À l'avenir, ce ne sera plus possible : le Last days de Gus Van Sant et ce petit bijou-là ont définitivement creusé la tombe de ce genre. Et pour cause : dans chacun de ces deux films, on ne voyait pas (ou presque) l'ombre d'un cheveu du musicien dont ils étaient censées parler ; pour un résultat inverse, celui d'avoir la sensation qu'on n'a jamais touché un grand artiste d'aussi près.
le 09-12-2007 par zanzibar
D'un point de vue formel, I'm Not There est un beau film. Un très beau film. Mise en scène d'une élégance folle, scénario recherché qui confine au virtuose, acteurs prodigieux. Mais sur le fond... quel ennui ! Il faut dire que faire un film mystérieux sur un chanteur mystérieux était une sacrée gageure. Ou une fausse bonne idée. C'est selon. En utilisant 6 acteurs différents (dont Cate Blanchett) pour incarner différentes facettes de la personnalité énigmatique de Bob Dylan, Todd Haynes brouille les pistes de la biographie et entretient le côté totalement insaisissable du personnage. Au bout du compte, il s'agit plus d'un exercice de style que d'une biographie. Si I'm Not There est une très belle mise en image de très belles chansons de Dylan, je vous invite tous à découvrir le chanteur en regardant le passionnant documentaire que Martin Scorsese lui a consacré en 2005 : No Direction Home.
 
 
 

Les critiques presse

 
par Isabelle Regnier
(...) un jeu de miroirs sophistiqué dans lequel le moindre détail étoffe le récit de sa signification propre.
par  Philippe Azoury
C'est un film comme il ne s'en fabrique plus beaucoup par les temps qui courent (...) Une antibiographie, ou plutôt la radioscopie d'une légende. Un Dylan en portrait chinois, un Dylan en dispersion, implosé, émietté, complexe, un film confus peut-être, m
par Pierre Murat
Contre : Idée enivrante que le réalisateur rend fumeuse, à force de suffisance.
par Marie Sauvion
D'accord, il faut s'accrocher un peu. (...) A l'arrivée, pourtant, ce foisonnant kaléidoscope fascinera les plus curieux (...) et rassurera les cinéphiles : le 7è art s'invente encore, alleluia.
par Serge Kaganski
Kaléidoscope vif et vibrant d'images-madeleines recréées, histoire fantasmée du rock, du cinéma et de la contre-culture en copier-coller accéléré, propulsé par une BO géniale (...).
par Cyril Neyrat
On finit par se demander si Haynes n'en fait pas trop ; si emporté par son idée, il n'a pas sacrifié la rigueur esthétique à la tentation de la virtuosité, au plaisir mégalomane d'essayer tous le styles, d'embrasser tout le cinéma américain.
par François Gorin
Pour : Paradoxe : de sa folle accumulation de détails, le film tient à la fois sa justesse et ses insuffisance. On a parfois l'impression d'errer dans un musée Dylan dont les six salles communiquent un peu trop bien.
 
 

Prochainement au cinema

Gagnez des places de cinéma Gagnez des places de cinéma Gagnez des places de cinéma Gagnez des places de cinéma
Gagnez des places de cinéma

 

Les dernières critiques de films

 
le 06-01-2009 : Scary movie 4
Dans le genre n'importe quoi, "Scary Movie" fait partie des meilleurs. Cependant, les années passent et les "Scary Movie" continuent de sortir, c'est une histoire à en perdre la tête ! Esprit critique d'un nombre impressionnant de film, "Scary Movie" fer (...)
Quand j'ai regardé ce film et bien je doit dire que je connaissait la fin, c'est évident mais je l'ai tout de même regardé en entier. Il est amusant et drôle. Une bonne comédie pour passé un bon après-midi. Kate Hudson est impressionnante dans son rôle de (...)
le 30-12-2008 : Rencontre avec Joe Black
A l’origine « rencontre avec Joe Black » est une réécriture du film « la mort prend des vacances » sorti en 1934. Cette version mise au goût du jour adopte une attitude plus affirmée vers la romance de l'au-delà, aussi bien qu'elle assume un récit qui s’é (...)
le 30-12-2008 : Serial noceurs
Au départ, rien ne me prédestinait à regarder Serial Noceurs : la comédie américaine du XXIe siècle, c'est pas mon truc. Et puis, le côté intellectuel a pris le dessus, suite à une anecdote autour de l'impressionnante présence mammaire de Kaylee Hazell. M (...)
le 28-12-2008 : Sans Sarah rien ne va !
Une comédie sentimentale assez drôle, même si l'histoire de base est déja vu, ce film est assez plaisant, avec des scénes hilarantes. Kristen Bell est superbe dedans, jason segel n'hésite pas à montrer un homme complétement démonté par sa rupture et qui s (...)
 
 

Les Sorties Cinéma

 

cette semaine

 
 
 
Pour faire un lien vers cette page, merci d'utiliser le code suivant :

Les Sorties DVD


Fan de Cinéma, le portail cinéma collaboratif est enregistré à la C.N.I.L. sous le n° 1143859 - Copyright © 2000-2009 JR MULTIMEDIA Tous droits réservés