Quel point commun entre Orson Welles et Jacques Tati ? Quel rapport entre Jean Renoir et Ingmar Bergman ? Quelle ressemblance entre Alfred Hitchcock et Fritz Lang ? Réponse : ils ont tous été jeunes… Enfances est en effet un projet respectable et sympathique qui regroupe une série de six courts métrages d’un petit quart d’heure chacun sur un évènement ayant marqué l’enfance de réalisateurs majeurs de l’histoire du cinéma. Evènements qui bien sur marqueront chacun de ses artistes en devenir et qui pourrait expliquer ou en tout cas faire comprendre leur carrière et leurs choix de cinéastes. Le pari intéressant de Yann Le Gal, scénariste des six segments, est d’avoir confié la réalisation de chaque histoire à un réalisateur différent. Malheureusement, elles ne sont pas toutes au même niveau. Autant on préfèrera oublier la réalisation d’Isild Le Besco sur Orson Welles (une reconstitution historique désastreuse, des acteurs falots, un beau vrai ratage) et passer rapidement sur l’aventure sympathique et bucolique du petit Jean Renoir que n’aurait pas renié un Jean Becker époque Enfants du marais pour se concentrer sur les deux pépites du projet : on retrouve dans le segment consacré à Bergman toute l’épure et l’austérité de son style mêlé à un scénario habile servi par des acteurs convaincants (notamment la belle Elsa Zylberstein). Quand à la photo de classe de Tati (ou le casse-tête du photographe de faire rentrer le grand Jacques dans le cadre), c’est un vrai régal d’absurde et de poésie. Dans l’ensemble, et pour ne rien gâcher, les jeunes acteurs qui incarnent ces futurs monstres sacrés du 7eme art sont talentueux et sympathiques. Pas si facile d’être aussi naturel quand on incarne des figures aussi mythiques, même enfants. En bref, Enfances est un projet atypique, attachant malgré son côté bancal et inégal. Il fallait oser, bravo…
Le piège tendu par ce projet est rarement évité, à savoir tomber dans une lecture psychologique grossièrement explicative(...). Certains contiennent pourtant un réel potentiel cinématographique, hélas peu exploité (...).
Le plus convaincant est celui de Safy Nebbou sur Ingmar Bergman (...). Lanterne magique, repas austères, culpabilité, échanges de regards..., c'est là que l'on retrouve le plus l'atmosphère cinématographique du personnage.
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