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Parlons en d’ailleurs de ces personnages tant il est rare dans les films d’horreur que le scénario s’attarde longuement sur leurs personnalités, leurs motivations et leurs histoires personnelles. Pour faire court, deux paumés 100% pieds nickelés - un truand à la petite semaine joué par un Andy Serkis pour une fois à visage découvert (pour rappel, l’acteur a incarné Gollum et King Kong, rien que ça) et son frère pleutre, maladroit et phobique des mites (quand on vous dit que c’est déjanté, ça l’est vraiment !) interprété par un épatant Reece Shearsmith - ont capturé la fille d’un mafieux de bas étage. Au départ, le personnage féminin devait avoir une quarantaine d’années.

Mais soudain et sans prévenir le film bascule lors d’une scène surréaliste digne d’un épisode du Prisonnier : des villageois préviennent Andy Serkis de ne pas se promener la nuit dans la campagne s’il tient à sa vie. Pour que le spectateur comprenne bien que l’on passe dans la 2eme partie du film et surtout pour ficeler un semblant de cohérence, le décor change (d’un cottage on arrive dans … une ferme !!!). Le réalisateur prend d’ailleurs bien soin de filmer en gros plans deux panneaux « Danger, propriété privée, interdiction d’entrée » : vous voilà averti, voici venu l’heure d’un délire sanguinolent et de mauvais goût assumé qui ravira sûrement les amateurs du genre. Sans dévoiler les sévices (à l’humour très noir) qui vous attendent, on peut tout de même citer un arrachage de colonne vertébrale à mains nues, une décapitation pour le moins expéditive, j’en passe et des pas mûres. Sans dévoiler tous les ressorts (rouillés) de l’intrigue, il faut souligner que Paul Andrew Williams connaît ses gammes et recycle des classiques du survival, en commençant par la figure (très défigurée d’ailleurs) du tueur psychopathe. Le tout baigne évidemment dans un concert de cris et de hurlements, ce qui ne doit pas empêcher de remarquer la qualité de la musique, entêtante et dynamique qui fait, elle aussi, le pont entre les deux parties du film.

Emmanuel Pujol