Les critiques spectateurs
Avec 36 quai des Orfèvres,
Olivier Marchal, ancien inspecteur de police passé au métier d’acteur et de réalisateur, a organisé la rencontre entre deux monstres du cinéma français : Auteuil et Depardieu. Chacun d’eux incarne un lieutenant de la PJ, au tempérament radicalement opposé, mis en concurrence pour arrêter un dangereux gang de braqueurs. Mené à un train d’enfer, le scénario multiplie les trahisons et les machinations et offre des moments de bravoure bien conçus, comme cette fusillade calquée sur celle du Heat de Michael Mann. En empruntant à l'industrie américaine son sens du spectacle qu'il a enrichi d'effets d’ombres et lumières et rythmé par une bande son percutante,
Olivier Marchal a signé là un polar psychologique sombre qui puise sa force et sa profondeur dans les interactions qui lient entre eux un foisonnement de personnages intérieurement torturés. Malgré quelques clichés et maladresses ci et là, on ne ressort pas indemne de ce thriller dense et surprenant.
Encore un film français raté! C'est mou, ennuyeux, il faut vraiment avoir la motive et être en forme pour suivre. Ca parlotte tout le temps, pas d'action, de suspens, on a le droit à un rebondissement final, mais bon ça ne rattrape pas tout le reste du film...
Du bon polar comme le cinéma français sait en faire. Tout est abus de pouvoir dans ce film. Il est à l’idée que je me fais de la « grande famille ». L’ordure pousse aussi dans les poulaillers. Le braquage de fourgons blindés n’est que le fil conducteur d’une guerre interne.
Les personnages sont usés, désabusés, décalés. Issues d’une vieille époque que la nouvelle institution étouffe. Des « gueules » à la Gabin ou Ventura donnent du charisme au drame qui se prépare. Une référence parmi d’autres.
Mon premier, Léo Vrinks (Daniel Auteuil), est un flic opiniâtre de la Brigade de Recherche et d'Intervention, tendance guépard. Il a du kilomètre au compteur, est fatigué mais pas encore blasé. Il sait régler ses comptes en frôlant d'un peu trop près les limites de la légalité. Le soir, quand il embrasse sa femme et sa fille, il ne les regarde pas toujours droit dans les yeux. Il sert la justice, sans trembler. Il a des états d'âme. C'est plutôt un bon flic. Mon second, Denis Klein (
Gérard Depardieu), est un flic revanchard de la Brigade de Répression du Banditisme, tendance vautour. Il a du kilomètre au compteur, franchement trop d'ailleurs. Il boit, il compose avec ses idéaux, il essaye de s'oublier. C'est une épave qui dérive sur un océan d'emmerdes. C'est plutôt un flic au bout de la route. Les deux se connaissent bien, trop bien. Un gang de braqueurs audacieux va leur donner l'occasion d'en découdre, service contre service. Mais comme dans toute bonne tragédie, l'histoire va avoir des conséquences qui ont plus à voir avec le destin qu'avec leur propre volonté. « 36 quai des orfèvres » est une lumière inactinique, oscillant entre des nuances de noir et de rouge. Ce n'est pas un film tendre. Chez
Olivier Marchal, les flics ont oublié d'être des héros, encore plus d'être des surhommes. Ils sentent le vieux café, le tabac froid et la peur qui tord les boyaux. Auteuil et Depardieu, face à face, c'est l'idée pivot du film. Le premier est brillant, on y est habitué, le second est fantastique, on tendait à l'oublier. L'analogie avec « Heat » est tentante d'un bout à l'autre de « 36... ». Des lumières splendides, une élégance mortifère, esthétiquement, y a rien qui fâche. La mouche sur le lait, c'est la musique. Omniprésente. Encombrante. Putassière. Au cinéma, on ne pouvait pas couper le son. Devant sa télé ou son ordinateur, on peut : joie. Débarassé de certaines de ses partitions répétitives, « 36 quai des orfèvres » tape fort et précis, en plongeant le spectateur dans un engrenage qui ne promet aucune issue positive. A la fin du film, on est un peu K.O, on se dit qu'un polar de cette envergure, on n'en voit pas souvent. Moins de trémolo et (beaucoup) moins de musique pompier, et on avait peut-être un monument. Le coup est passé près, vivement qu'on nous propose de tendre l'autre joue !
« 36 quai des Orfèvres » s’inspire dans un fait divers dramatique qui s’est déroulé dans les années quatre-vingts. A la fois cru et réaliste mais aussi esthétiquement abouti (photographie splendide, musique envoûtante omniprésente) ce long-métrage signé
Olivier Marchal montre enfin de quoi le cinéma français contemporain est capable en matière de polar. Le film raconte une lutte de force entre deux policiers jadis amis : Léo Vrinks (Daniel Auteuil) et Denis Klein (
Gérard Depardieu). Si aujourd’hui ces deux hommes se différencient par leurs méthodes de travail et leurs motivations professionnelles, ils restent liés par une femme, Camille Vrinks qui a quitté Klein pour son nouveau compagnon. Autant le dire tout de suite, c’est au niveau du travail psychologique effectué sur les personnages que « 36 quai des Orfèvres » se distingue. Daniel Auteuil et
Gérard Depardieu se sont visiblement énormément investis dans les rôles denses et complexes qu’ils interprètent. Ils apportent toute leur expérience pour traduire une intensité dramatique que l’on ressent de bout en bout du film. Tendu et fascinant, ce polar made in France est rythmé aussi bien par des rebondissements scénaristiques captivants, par des saynètes qui laissent la part belle aux acteurs que part des séquences musclées impeccablement mises en images. Démonstration cinématographique maîtrisée, « 36 quai des Orfèvres » laisse entrevoir un brillant avenir à
Olivier Marchal, ex flic devenu scénariste et réalisateur.
Les critiques presse
C'est la grande nouvelle que porte 36 : Gérard Depardieu a renoué avec l'exercice de sa profession. (...) Mais (...) les détails qu'accumule le scénario de 36 ne suffisent pas à masquer les artifices du fil principal, qui se distend au fur et à mesure que
par Marie-Noëlle Tranchant
Depardieu et Auteuil campent avec une égale puissance deux durs antagonistes. Mais on aurait aimé plus de sobriété dans la mise en scène, aux effets souvent exagérés, et une bande-son moins pénible.
Filmant en gros plans féroces sa galerie des plus belles sales gueules du cinéma français, Olivier Marchal poursuit ses démons dans ce polar dont chaque scène transpire une étrange et douloureuse nostalgie et, en même temps, une référence ostentatoire à H
Reste le pathos qui plombe souvent le film, la désespérance complaisante. La sincérité du justicier Marchal frise parfois le chantage pataud à l'émotion.
Sur fond de guerre des polices, Olivier Marchal livre un polar efficace et captivant (...)
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