INVASION, le DVD
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 par zzougga  le 12-05-2008

Il y a des films qui flanquent vraiment la cliche. Le film espagnol Rec est de ceux-là. Les réalisateurs ont mélangé plusieurs genres de l’horreur et du survival pour arriver à cet hybride montré sous la forme d’un reportage enregistré en temps réel. Rec débute d’ailleurs comme un banal documentaire télévisé dans une caserne de pompiers de Barcelone. Le rythme bon papa se casse aussitôt quand une équipe de pompiers entre dans un immeuble de la ville pour une intervention sommaire. Doublé de son caméraman, une reporter l’accompagne dans l’habitation. A l’intérieur se dégage très vite une ambiance bizarre, malsaine et véritablement effrayante à cause d’un virus qui transforme un à un les locataires en zombies anthropophages. Là où le scénario est génial, c’est que la tour est transformée en huis clos par les autorités situées à l’extérieur. Les personnages ont alors du mal à récolter des informations pour connaître l’état de la situation et le drame qui se prépare à l’intérieur. Formellement, le style de la paire Balaguero - Plaza est d’un réalisme étonnant car constitué intégralement d’images d’archives filmées comme en direct à la TV. Le cadreur opère aussi bien à la manière d’un technicien de plateau qu’il joue pleinement le rôle d’un acteur à part entière, à ceci près qu’on ne verra jamais son visage. C’est lui qui, caméra au poing, donne le tempo du film quand on le voit s’approcher d’un événement parce qu’harangué par son échotière pour qu’il capte l’intensité de l’action, ou prendre la poudre d’escampette quand un individu devenu contagieux s’approche brutalement. Dans l’obscurité quasi absolue, l’issue de l’histoire est un summum de l’effroi. Elle transpire le voyeurisme extrême inhérent à notre société. Un voyeurisme que se plaît à véhiculer au quotidien la petite lucarne, de la crudité réelle diffusée journal de 20 heures au vice nauséabond émanant de la téléréalité en général. En même temps qu’un exercice de style magistral, Rec s’élargit d’une mini réflexion à peine déguisée sur notre monde. Il n’oublie pas non plus de se prononcer à plusieurs moments contre l’instinct répugnant qui veut malheureusement que l’immigré soit forcément responsable de tous les maux. Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un pur film de genre et qu’en sortant de la salle de cinéma, on n’est pas franchement rassuré à l’idée de s’aventurer dehors !

 par coleoptere  le 10-05-2008

Dans le registre horrifique, j'attendais deux films, deux espoirs de bouffée d'air dans le marasme du gore gratuit instauré par Saw et ses suites : Diary of the dead de Romero, et [Rec] de Balaguero et Plaza. Coïncidence, les deux, à l'instar de Cloverfield, jouent la carte de la caméra à la première personne, du reportage cannibal-holocaustien, et ce, pour des histoires mettant en scène des zombies. En attendant le dernier volet de la quintologie romerienne, j'ai pu me faire les dents sur [Rec].
Entouré d'un buzz médiatique (une bande-annonce nous montrant uniquement les réactions terrorisées des spectateurs) et d'un parcours dans les festivals triomphal, [Rec] s'avère une déception, nourrie par cette réputation flatteuse avant-sortie. Non que le film soit mauvais, loin de là, mais on nous a promis le film le plus terrifiant depuis longtemps (ce qui était déjà l'accroche du Projet Blair Witch) et on nous sert une série B sympa, par à-coups flippante, sursautante, mais en aucun cas originale, surprenante, même si le renversement de l'affrontement zombies dehors- gens dedans (ici, il s'agit de sortir de l'immeuble pour échapper aux zombies) apporte un semblant d'inédit à un genre qui semble cependant tourner en rond tant qu'on y injecte pas un discours un tant soit peu revendicatif. Et de discours, Balaguero et Plaza, auteurs d'un documentaire sur la Star ac' ibérique, semblent vouloir se cantonner à une remise en cause, un questionnement, autour de l'appréhension de l'image télévisuelle : tous les codes sont utilisés, et la notion de morale traverse par épisodes le métrage. Toujours est-il que le message manque d'épaisseur, noyé dans l'hystérie collective qui étreint rapidement les habitants.
Car au bout d'un moment, après s'être posé quelques minutes pour expliquer la situation via des interviews des locataires, le film redémarre dans une furie ininterrompue, agressive, criarde, que seule une réalisation d'une maîtrise stupéfiante parvient à contenir : si vous avez détesté Heather Donahue dans Le Projet Blair Witch, préparez-vous à haïr certains personnages dans [Rec]. Si cette montée en puissance du chaos permettait réellement de créer une tension palpable et une immersion personnel dans le drame, on touchait au chef-d'oeuvre. Mais voilà, l'absence d'enjeux véritables (sortir, point barre), la trop grande faiblesse d'un scénario prévisible (ce qui n'empêche en rien de faire de bonds de 5 mètres comme ce fut mon cas, alors que je m'y attendais - et ce, sans recours à de la musique ou des effets sonores dépassés - une gageure) empêche de se sentir totalement impliqué.
Reste un savoir-faire indéniable de la part du réalisateur de Fragile - son chef-d'oeuvre - et de son comparse, qui jettent sur la pellicule des images saisissantes, un twist pas original mais intriguant, et, au final, un petit B d'été, simple, direct et, allez ! fun. A moins que mon avis soit orienté par une attente énorme déçue. Ah ! si personne n'avait parlé de [Rec], peut-être aujourd'hui serait-il LA découverte de l'année...

 par febu  le 06-05-2008

Je suis allé au cinéma, comme un touriste d'ailleurs, c'est-à-dire par là, ne sachant pas d'avance quel film aller voir... Malgré un choix difficile entre "The Eye" ou "[REC]", mon choix se porta finalement sur l'énigmatique "[REC] ( logique, sinon je n'en ferais pas ici la critique... ). Après un début assez lourd il faut le dire, le film se rattrape par quelques scènes gores, mais aussi par des péripéties un temps sois peu...inattendu ! ( une mamie qui arrache la gorge d'un flic, et qui propulse un pompier d'en haut d'un escalier ! Excusez-moi, mais un pompier contre une mamie je parie bien entendu sur le pompier !!! ). Enfin bon, après ces scènes bidons, on a le droit à un film à la "Resident Evil" en moins bien ( évidemment ) et à un film, filmé à la "Cloverfield" ( en un peu plus clair que ce dernier par contre ). Bilan, la fin du film est bien sur très prévisible, et aucun plaisir n'en est tiré... Mauvais film donc, mais pas au point d'être désolant...

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